A Web Paper

March 22, 2007

Identités et sociétés

Filed under: Réflexion, Société — hamza @ 11:05 pm

 

On entend toujours parler de l’identité, de problème d’identité, de renégat d’identité, voire conflit d’identité. À quoi correspond l’identité ? C’est quoi au juste ce terme ? Et pourquoi devrait-on la conserver? Sinon comment la conserver?

 

Jeune on me dit t’es tunisien arabe et musulman voire d’une certaine tribu avec ses qualités et ses défauts, on entend dire par cela que je dois parler arabe, ou à défaut un dialecte apparent, et pratiquer l’islam comme religion, encore faut-il que j’aie une religion, et dessus tout je dois suivre les traditions tunisiennes pour imposer -du moins montrer une certaine fierté- ma culture. Le problème dans tout cela n’est pas la nature elle même de ces identités mais le facteur commun qui en décide de ces composantes qui n’est autre que mon environnement de naissance. Supposons que moi-même je suis né en argentine et bien je serai plus tunisien mais argentin (cela va de soi) et par conséquence je dois suivre la culture argentine et le modèle argentin. Et moi dans tout cela, pourquoi me choisirai-je un modèle à moi fabriqué de toute pièce selon les convictions dont je suis convaincu, des convictions que j’accepte et que j’adopte pas des convictions qui me sont imposées, certes cela ne nécessite pas un grand effort j’ai qu’à me dessiner un modèle et le suivre, sauf que dans ces conditions je serai probablement nié par mes semblables tunisiens et pas totalement accepté par une autre communauté pour une seule raison, que je serai toujours considéré comme tunisien quoique je fasse, on dirait un sort qui m’est jeté (c’est pas le cas si ça rassure quelques uns). Vous me direz pourquoi? Eh bien l’être humain accepte l’autre dans sa bulle tant que ça lui convient, le jour où il y a un désaccord la première chose qui apparaît en surface est la différence des cultures et les origines de l’autre : “il est vraiment sympa lui, mais dommage il fait des bourdes parfois. Normal vu ses origines ” hé oui ’ses origines ce truc qui ne nous lâchera pas toute notre vie. On n’a qu’à regarder l’histoire humaine pour s’en rendre compte, ex en argentine on donne le surnom “el turco” pour ceux qui ont des origines arabes et ce jusqu’à maintenant même si la dernière grande vague d’immigrants arabes date de plus d’un siècle maintenant, d’ailleurs ça date de l’empire ottoman d’où le surnom.

 

Tout cela pour dire qu’en fait on ne choisit pas son identité mais on l’hérite, pourtant on l’assume. Le plus souvent face à une telle situation deux réactions se montrent, la première et de faire tourner son dos à tout ce qui le lie à cette “identité” ou cette “définition”. Aussi bien ses défauts que ses qualités et c’est le chaos total. On s’imprègne d’une nouvelle identité, une nouvelle vie, une nouvelle culture et pourtant il en reste des résidus de son ancienne culture, des résidus qui lui font des piqûres de rappel de temps à autre, des piqûres qui font le plus souvent mal. La deuxième est de se replier à son identité, s’en fermer et refuser tout intrus. Ce qui ramène le plus souvent à une attitude agressive envers l’autre puisque tout étranger est accusé d’être le diable qui veut convertir tout le monde et dissoudre leur culture. Mais surtout ça donne un effet de stagnation de culture. Ce refus d’ouverture, en prenant de l’ampleur et devenant un phénomène de société, la ramène à s’arrêter sur ses acquis et arrêter ainsi toute possibilité de développement culturelle soit-elle ou sociale.

 

Finalement le problème se pose plus au niveau de la société qu’à celui de l’individu. En effet le choix de l’individu a une influence assez limitée, elle concerne un cercle assez restreint. Par contre l’attitude de la société ou plutôt le choix de la société touche beaucoup plus d’individus, par conséquent il a plus d’influence et ça peut engendrer des dégâts importants quand c’est mal encadré. On peut prendre exemple certaines sociétés anciennement colonisées. Après l’indépendance, deux attitudes globales sont à constater. La première, qui a surtout accompagné la marche vers l’indépendance, considère l’occupant comme un mal absolu. Donc on refuse tout ce qui a le moindre rapport avec cet occupant et l’évolution ne doit se baser que sur les valeurs de la société sans pour autant ce contenter de critiquer ou de changer ce qui devrait l’être. Cette attitude n’était pas organisée ni étudiée. C’est une réaction spontanée adoptée par la société ou ce qu’on appelle plus communément le peuple. La deuxième attitude est celle adoptée par une poignée d’hommes au pouvoir. Ou plutôt ceux qui ont pu se procurer le pouvoir à ce moment et qui avaient posséder les reines du pays. Celle là considère le colon comme exemple à suivre, vu qu’il est plus développé. Cette attitude ira parfois jusqu’à nier voire effacer certaines valeurs et repères de la société au profit de celles importées d’ailleurs. Ce point de vue a été appliqué et imposé au reste. Le problème n’est pas le modèle en soi mais le fait que son application soit imposée sur une société qui le refuse d’ores et déjà, ça devient encore plus important quand on fait de sorte de ne pas entendre l’autre voix. L’autre voix est la troisième attitude qui n’est autre qu’une adaptation des deux dernières attitudes. Son principe est simple, il faut préserver les repères de la société et ses valeurs et faire adapter les développements d’autrui, on conclut que le modèle social d’autrui est toujours refusé. Ce dernier point est en désaccord avec le modèle imposé qui se base sur une idée importante “tout le mal vient du modèle social, il faut le changer pour pouvoir évoluer”, une idée qui n’est pas adopté par tout le monde. C’est autour de cette idée que se pose toute la polémique. Est-ce le changement social qui conduit au développement technologique scientifique et autre ou est-ce le développement qui pousse vers le changement social ? Même plus est-ce que le changement social est si nécessaire que ça ?

Etudiants Tunisiens en France

Filed under: Réflexion, Société — hamza @ 10:57 pm

Un coup de fil au mois d’août et hop la nouvelle tombe, admis dans une école d’ingénieurs en France. Une nouvelle de quoi être fier, mais d’où vient cette fierté? N’y a-t-il pas d’écoles d’ingénieurs en Tunisie? Et s’il y en a, ne permettent elles pas une aussi bonne formation que ses collègues françaises? Des questions qu’on ne pose jamais après deux années de labeur en école préparatoire. Oui, il existe des écoles d’ingénieurs en Tunisie. Oui ces écoles donnent une bonne formation, pas toutes les écoles mais au moins quelques unes les plus réputées. Alors pourquoi cette fierté? Pourquoi ce choix de migrer?

 

Un premier facteur peut être relevé, c’est le facteur social. En effet dans une société telle que la tunisienne le fait d’être admis dans une école française donne de l’estime dans le cercle familial du concerné. Ce qui fait qu’il ne réfléchit pas trop, “C’est un génie, il a passé le concours chez les français et on l’a accepté”, ” l’état l’envoie continuer ses études à l’étranger”. Ce sont des commentaires de ce genre qu’on entend quand on a “décroché” une admission dans une école d’ingénieurs. Pourtant ces commentaires sont faux ou plutôt sont des flatteries non justifiées. Le fait qu’on soit admis dans un concours n’a rien de génie il y en a des génies qui font la faculté des sciences à Tunis ou à Sfax, réussir un concours est aussi le fruit de deux années de bourrage de crâne en école préparatoire où on apprend toutes les astuces des concours, attention ceci ne nie pas le fait que les “taupins” comme on les appelle ont des pré requis leurs permettant de supporter cette formation. L’état certes donne une bourse d’études pour ses étudiants selon un critère précis mais l’étudiant peux rester en Tunisie ce n’est guère la volonté de l’état mais plutôt une habitude qu’on perpétue et qu’on réanime selon les règles du jeu en place, des règles qui ne dépendent ni des étudiants ni des concours mais de facteurs politiques.

 

Aussi en Tunisie il y a une sorte de regard idyllique pour la France, sans oublier que c’était l’occupant qui nous a offert une indépendance en 1956, on reste lié à sa civilisation tant sur le plan économique que sur le plan culturel. Nous nous inspirons de ses méthodes dans l’enseignement dans l’économie voire parfois dans les symboles culturels de la société qui se reflètent dans les médias, seulement ce n’est que l’apparence qu’on copie. Ceci joue un rôle important dans ce choix de migration. En même temps il y a aussi ceux qui choisissent d’immigrer parce qu’ils sentent qu’ils ne peuvent pas mener la vie qu’ils veulent chez soi, soit parce que leurs idées ne concordent pas avec la norme de la société et ils se sentent donc opprimés voire frustrés soit parce qu’ils pensent qu’il leur faut une expérience dans un pays de droit comme la France pour pouvoir avancer les choses dans le pays.

 

Entre fausses idées, rêveries et recherche de l’idéal se partagent ces tunisiens qui, un jour, se sont trouvés en statut d’immigrés à la quête d’une gloire, d’une fortune ou d’un rêve d’une vie meilleure.

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